Minit

Développé par quatre artistes tirés de leurs environnements respectifs, Jan Villem Nijman (Co-fondateur du studio indépendant Vlambeer), Kitty Calis (Horizon Zero Dawn), Jukio Kallio (compositeur freelance) et Dominik Johann (directeur artistique du studio Crows Crows Crows), Minit est un petit Action-RPG indépendant sorti du chapeau en Avril dernier. Son concept rappelle celui de Half a minute Hero ou encore celui de Majora’s Mask, où le joueur, tel un Phil Connors un jour de la marmotte, recommence sans cesse la même période de sa vie, inlassablement, dans l’espoir de trouver une solution à ses problèmes.
Soixante secondes, c’est le temps qui est alloué au drôle de petit personnage principal canardesque, victime d’une épée maudite, pour sauver sa peau et celle des autres personnages. A la fin du court chrono, Minit meurt sans aucune forme de procès et se réveille à son point de départ, bloqué dans une infernale minute sans fin.

Beaucoup mettront ici le holà, ayant peur d’une répétition insoutenable et d’une frustration de n’être toujours qu’à quelques petites « secondes » de terminer quelque chose d’important. La vérité est cependant tout autre : ils se privent d’un petit bijou à l’équilibre bien dosé entre énigmes et temps limité.
Afin de déjouer le côté répétitif, les développeurs usent d’un petit tour de passe-passe qui consiste à gérer votre point de départ : si Minit commence son aventure dans sa petite maisonnette gardée de son chien, à chaque fois qu’il pose les pieds dans un autre refuge, les soixante prochaines secondes démarreront alors à partir de celui-ci, devenant ainsi le nouveau point de spawn du personnage.

Accompagné d’une direction artistique simple et efficace, Minit est l’un de ces petits jeux en pixel art monochrome, qui laisse au joueur le plaisir de déduire certaines apparences et son univers loufoque glissera quelques sourires sur vos lèvres, bien plus riche qu’il n’y paraît au premier abord. Balade en barque au beau milieu de l’océan et expédition dans un désert sans fin ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres des tableaux que le joueur peut parcourir.
Mêlant action-RPG et énigmes, le jeu intègre la mort comme partie intégrante du gameplay, laissant le loisir au joueur de lui-même relancer un run à n’importe quel moment du compteur, et les phases les plus punitives vous forceront à retenter l’aventure à seulement quelques mètres de votre mort.

Avec seulement trois/quatre heures de jeu pour terminer le titre, ce dernier amène malgré tout son lot de quêtes secondaires et d’objets à collectionner, dont certaines donnant du fil à retordre à acquérir. Au-delà du premier run, le jeu ajoute un new game plus « Master Quest« , qui fait une belle référence à Zelda, où le joueur est cette fois amené à refaire le jeu non plus avec soixante secondes en réserve, mais quarante-cinq, ajoutant un sacré challenge à certaines zones déjà périlleuses.
Au-delà d’un titre agréable à découvrir et bien équilibré, Minit s’impose évidemment de par son concept de boucle temporelle sur la scène du speedrunning et sera sans aucun doute présent lors des futures GDQs (Games Done Quick) et autres évènements similaires.
On regrettera cependant de ne pas passer quelques heures de plus dans cette univers déjanté, mais l’expérience reste néanmoins réussie. Fouillez les moindres recoins, laissez-vous emporter par les musiques épiques. Pour dix euros à sa sortie, Minit reste un très bon investissement et certains regretteront même de ne pas tomber sur une épée maudite afin de redécouvrir le titre une seconde fois. Nostalgiques et curieux, abandonnez-vous sans hésiter à la folie de ce titre rafraîchissant et sans prétention qui vous déconnectera quelques heures de la réalité, tel un doux rêve abracadabrantesque.